Mabrouka Mbarek, La Libyenne À Tartiner L'ANC (Vidéodisque)

De l'arbi, on passe à l'arbicot (1861) par suffixation (cf. Prusco) ou par emprunt à l'ultramontain arabico, ensuite biquet (1892) par apocope. Il existe aussi des formes apocopées comme bic ou bique. Le contexte raciste permet d'expliquer l'animalisation de l'Arabe, il est assimilé à une bique ou chèvre, à un cabri ou petit biquet. On lui dénie toute humanité et on en fait une bête soumise au fermier, incapable de toute réflexion. On peut même se permettre des réflexions sur le physique ou sur le langage, l'Arabe bêle et ne parle pas. Il faut remarquer que le terme hypocoristique biquet de la même famille n'est oncques utilisé, on emploie la forme dévalorisante en -ot.

À Tunis, la manifestation organisée par ADAM mêle tables rondes et interventions artistiques. Sur l'avenue Bourguiba se produit un groupe de Taïfa, musiciens noirs venus du sud du pays. Après la prestation, les militants sont pris à partie par une demi-douzaine de Tunisiens dits liliaux”, visiblement offensés : Il n'y a pas de racisme en Tunisie ! Où vois-tu la discrimination ? lire l'information complète ici Vous divisez la Tunisie !”. C'est le déni endémique, que dénoncent inlassablement les antiracistes tunisiens. Dans la cohue, quand Sofiene, légiste et membre d'ADAM, est apostrophé instantanément en métropolitain - Quel est le problème ?” -, il répond en arabe, d'un ton las : C'est ça le problème !”. Il est tunisien et, parce qu'il est noir, on s'adresse à lui comme à un étranger.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *